Vous cherchez une guitare qui a le son des Who, des Beatles ou de Noel Gallagher, mais votre budget ne suit pas une vraie Gibson ES-335 ? Vous tombez sur des annonces pour des Epiphone Casino des années 80 et vous vous demandez si c’est le bon plan, ou si c’est une usine à problèmes. La réponse n’est pas simple, car cette décennie est un vrai capharnaüm pour Epiphone. On va démêler le vrai du faux.

Les années 80 : l'ère des usines coréennes et japonaises

Contrairement aux Casino "Made in USA" des années 60 (les vraies légendes), les Casino des années 80 sont presque exclusivement des productions asiatiques. C’est là que les choses se compliquent. Epiphone, alors propriété de Norlin puis de Gibson, a sous-traité la fabrication à plusieurs usines, principalement en Corée du Sud et au Japon. Les modèles japonais, souvent estampillés "Terada" ou "Matsumoku", sont réputés pour leur qualité exceptionnelle, parfois supérieure à certaines Gibson de l'époque. Les modèles coréens, fabriqués par Samick, Peerless ou d'autres, sont plus variables : du très bon au franchement médiocre. Votre première question en voyant une annonce doit être : "Où a-t-elle été fabriquée ?" L'étiquette à l'intérieur de la rosace ou sur le tasseau du manche est cruciale.

Identifier l'origine : la clé de tout avis

Une Epiphone Casino ES-330 des années 80 "Made in Japan" est un instrument de collection. Le bois est souvent de meilleure qualité (érable laminé plus fin, érable massif pour le manche), les micros P-90 sont puissants et clairs, et la finition est impeccable. Le prix peut frôler celui d'une Gibson d'entrée de gamme aujourd'hui. Une "Made in Korea" sera plus abordable. Cherchez les modèles "Peerless" (usine coréenne réputée) qui sont d'excellentes alternatives. Évitez comme la peste les modèles sans étiquette d'origine claire ou avec des finitions bâclées – l'époque est aussi celle des "seconds choix" exportés sous diverses marques.

Le son et les composants : des P-90 qui mordent

La spécificité de la Casino, c'est sa conception full hollow-body (corps entièrement creux) et ses micros P-90 simple bobinage. Dans les versions des années 80, ces micros sont généralement fidèles à l'esprit : un son clair, cristallin et ample en position manche, qui devient agressif, mordant et parfait pour le crunch en position chevalet. C'est ce son "blanc" et dynamique qui a fait la renommée de la guitare. Cependant, la qualité des micros d'origine peut varier. Sur certains modèles coréens, ils peuvent manquer de punch ou être un peu boueux. Un changement de micros (des Gibson P-90 ou des Lollar) peut transformer l'instrument, mais ajoute un coût non négligeable.

Points de vigilance sur un modèle d'occasion

Une guitare vieille de 40 ans demande une inspection minutieuse. Vérifiez impérativement la stabilité du manche (la torsion est un défaut rédhibitoire sur une guitare creuse). Inspectez la table et le dos autour des ouïes en « f » pour les fentes ou les fissures de tension – c'est un point faible classique des hollow-bodies. Testez tous les potentiomètres et le sélecteur, souvent poussiéreux ou oxydés. Enfin, regardez l'état du chevalet et du sillet : un remplacement peut être nécessaire pour une bonne intonation et un bon accordage.

Est-ce un bon investissement pour jouer ?

Si vous trouvez une Epiphone Casino japonaise des années 80 en bon état, c'est une excellente guitare de scène et de studio, souvent meilleure que les Casino actuelles de la gamme "Inspired by Gibson". Pour une version coréenne de bonne facture (type Peerless), c'est un très bon rapport qualité-prix pour aborder le son hollow-body. Comptez entre 600€ et 1200€ pour une coréenne, et jusqu'à 2000€ ou plus pour une japonaise collector. À ce prix-là, il faut vraiment la préférer à une nouvelle. Le marché est niche, donc les prix peuvent fluctuer. N'achetez jamais sans l'avoir jouée, ou sans une garantie de retour solide.

Comparaison avec les modèles récents

Les Casino modernes, notamment les modèles "US" ou les éditions signatures, sont d'excellentes guitares avec un contrôle de qualité constant. Elles ont souvent un manche plus fin et des finitions plus variées. L'avantage d'un modèle des années 80, surtout japonais, est l'âme, le moelleux du bois vieilli et un certain charme vintage qui ne se reproduit pas. C'est un choix pour le connaisseur qui cherche un son particulier, pas pour le débutant qui veut une guitare sans histoire.

FAQ

Comment savoir si mon Epiphone Casino des années 80 est japonaise ou coréenne ?

Regardez l'étiquette à l'intérieur de la rosace ou sur le tasseau du manche. "Made in Japan", "Crafted in Japan" ou un tampon "Terada" sont des signes certains. Pour la Corée, cherchez "Made in Korea", et parfois le nom de l'usine comme "Peerless" ou "Samick" est inscrit. Une absence d'étiquette est un mauvais signe.

Les micros P-90 des Casino 80's sont-ils aussi bons que ceux de Gibson ?

Sur les modèles japonais haut de gamme, ils s'en approchent très fortement, avec un caractère similaire. Sur les modèles coréens d'entrée de gamme, ils peuvent être plus ternes et moins définis. Beaucoup de propriétaires les changent pour des Gibson, Seymour Duncan ou Lollar pour obtenir le son "reference".

Une Casino des années 80 est-elle plus fragile qu'une guitare à corps plein ?

Oui, c'est inhérent à sa construction hollow-body. Elle est plus sensible aux changements d'humidité et de température, ce qui peut causer des fissures. Il faut aussi éviter les tirants de cordes trop lourds (pas au-delà du .011) pour ne pas exercer une tension excessive sur la table. C'est une guitare qui demande un peu plus de soin.

Est-ce que ça vaut le coup par rapport à une Epiphone Casino actuelle ?

Cela dépend du modèle et du prix. Une Casino japonaise des années 80 de qualité peut surpasser une Casino standard actuelle. Pour une coréenne à prix égal, la moderne aura l'avantage du neuf, d'une garantie et de pièces récentes. L'ancienne peut avoir un charme et un vieillissement du bois unique. Il faut vraiment tester.

Quel est le principal défaut à surveiller sur ces guitares ?

Les fissures de tension sur la table, surtout autour des ouïes en « f » et du chevalet. Une légère voile (bombement) de la table est normale, mais une fissure ouverte est un problème sérieux et coûteux à réparer correctement. Faites toujours vérifier cela par un luthier avant l'achat si vous avez un doute.